Lutter contre les idées reçues
Un poêle à bûches bien dimensionné n’est pas que décoratif
Éloignons nous des contraintes réglementaires et attachons nous au réel. Les bâtiments basse consommation amènent de sérieuses modifications sur les systèmes de chauffage et notamment sur les poêles à bois.

Schéma décrivant le principe des constructions passives
En premier lieu, la puissance de chauffage nécessaire pour maintenir la consigne de température diminue, du fait de l’isolation. Entre 20 et 30 W/m² pour le BBC, autour de 10 W/m² pour le passif (alors qu’en RT2005 on était souvent à 80 W/m²). Cela veut dire que le modèle de poêle doit être adapté aux besoins du projet, on évitera donc les modèles surpuissants qui conduiraient à des surchauffes incontrôlées de l’ambiance.
Les logements sont beaucoup plus étanches à l’air que précédemment, et de fait, il vaut mieux que les foyers disposent d’une alimentation en air comburant dissociée de l’air intérieur (autrement, le poêle fonctionnera assez mal).
Enfin, le chauffage devient intermittent et ponctuel. Par exemple, les apports solaires et apports internes peuvent amener à ne pas avoir besoin de chauffer du tout ou très ponctuellement, ce qui conduit à des variations fortes du besoin en puissance. Cela se traduit par un principe général : ajouter un tampon à la diffusion de chaleur. Sur les logements passifs par exemple alimentés par une chaudière, on conseillera les ballons tampon pour éviter que les systèmes ne s’usent à fonctionner en cycles courts, à faible puissance. Pour les poêles le principe est inverse : il faut que le logement fasse tampon à la diffusion de chaleur, via l’inertie thermique des cloisons et dalles massives. Ce principe est essentiel pour que le poêle soit mis en route 1 ou 2 fois par jour selon la période de l’hiver, fonctionne à pleine puissance mais seulement pendant quelques heures, et l’énergie produite soit rediffusée sur un temps long (c’est d’autant plus important que le poêle est un peu plus puissant que le besoin du logement). On évitera absolument un fonctionnement continu à puissance réduite (en réduisant l’alimentation en air comburant) qui ne produit pas un feu efficace.
Enfin, la position du poêle par rapport aux pièces doit être appréhendée précisément, ainsi que les modes de vie des habitants pour s’assurer que la circulation de chaleur au moment de l’allumage du poêle soit correcte : notamment que les portes des pièces attenantes soient ouvertes si le poêle est convectif.
Le choix du mode de ventilation aura aussi son importance. Une VMC double flux donnera de meilleurs résultats (plus grande surface chauffée, meilleure conservation de chaleur qui induit une maison chaude au réveil) qu’une VMC simple flux hygroréglable qui tend à faire circuler l’air à l’envers de ce qu’on cherche pour diffuser la chaleur.
Tous les éléments listés, qui ne sont pas exhaustifs, renvoient à une idée malgré tout : le bon fonctionnement d’un poêle dans un logement basse consommation suppose une bonne connaissance des procédés, les éléments d’appréciation n’étant pas limités à régulé / non régulé.
Zoom sur la qualité de combustion
Le rendement est directement fonction de la qualité du bois et de la température du foyer. On visera notamment à brûler les composés gazeux qui se dégagent de la combustion, fortement polluants s’ils ne sont pas consumés, ce qui suppose d’atteindre à minima des températures supérieures à 400°C dans le foyer. Les feux à puissance réduite sont la cause d’importantes émissions de particules fines dans l’atmosphère. L’utilisation d’un poêle à bois n’est pas par principe polluant, mais en général, parce que les combustions des systèmes les plus répandus ne sont pas efficaces, les rejets (particules fines PM10, oxydes d’azote, monoxyde de carbone) peuvent constituer, notamment dans les centres urbains une pollution de l’air problématique.
De ce fait, les différents pays ayant développé les bâtiments basse consommation s’attachent également à faire la promotion des manières efficientes pour se chauffer au bois (via des certifications d’équipements, des sensibilisations sur les méthodes d’allumage pour les usagers, incitent les associations avantageuses poêle bois et ventilation à récupération de chaleur, etc…)
Sur la régulation des appareils
Parmi les absurdités auxquels conduisent les textes français, citons le cas des poêles de masse. Le principe de ces systèmes est d’intégrer suffisamment d’inertie dans un accumulateur pour déphaser sur un temps long la chaleur produite au moment de la combustion. Ces solutions, pour s’intégrer aux logements performants, voient la dimension du foyer et de l’accumulateur diminuée. On essaiera d’ajuster la puissance de manière à jouer sur le nombre de feux à effectuer selon la période de l’hiver (1 feu en début de saison, 2 feux en pleine saison (1 feu correspond à une mise en route à pleine puissance du poêle). Leur avantage est la très bonne combustion qui génère très peu d’imbrûlés : le chauffage est donc peu polluant. Ce sont des systèmes qui sont soit industriels (le chauffagiste assemble des matériaux autour d’un foyer), soit artisanaux (des artisans poêliers construisent le poêle de masse selon le souhait de l’occupant).
Par principe donc, ces solutions s’autorégulent, et se complètent bien avec une inertie complémentaire dans le logement pour monter en température les cloisons qui rayonnent. Ils supposent juste, tout comme les poêles à bûches, un apprentissage de l’occupant pour anticiper les besoins de son logement.
Or la RT2012 va considérer que si la régulation n’est pas automatique « comprendre avec des sondes et une mesure des températures », il n’y a pas de régulation. Cela amène donc chacun à devoir développer des solutions superflues pour résoudre un problème qui n’existe pas dans les faits, ou se résigner à enterrer cette solution pour l’habitat neuf !
Pour les poêles convectifs, il faudrait être plus précis dans leur définition, pour dissocier les procédés selon leur habillage (inertiel ou pas). Le déphasage permis par l’équipement est donc plus réduit, et le fonctionnement amélioré si celui-ci est positionné devant une cloison lourde. Toutefois, la plupart des retours d’expérience que nous conduisons sur nos projets montrent que cela fonctionne très bien : l’ajustement se faisant sur la quantité de bois brûlée et le nombre de feux : l’inertie permet de limiter fortement les « coups de chaud » qui font suite à la mise en route, la conservation de chaleur du logement est suffisante pour que la maison ne perde pas trop de degrés au matin, et les pièces éloignées (chambres) sont souvent celles où les occupants ne souhaitent pas avoir 21°C.
Si des systèmes de régulation ont été développés par certaines marques pour que le poêle bûches respecte la RT2012, il conviendra d’éviter les solutions qui ne font qu’obturer l’arrivée d’air du poêle : elles ne constituent qu’un bridage inadapté alors qu’il faudrait valoriser des principes inverses (feu pleine puissance, inertie pour faire tampon). Ces feux à puissance réduite ne permettent de retarder l’émission de chaleur qu’au prix d’une réduction du rendement et une augmentation de la pollution atmosphérique. Ce problème met en évidence le défaut de textes qui en imposant des systèmes de régulation flous peuvent amener à des contre références, alors qu’on pourrait prendre le problème à l’envers, et s’intéresser à des objectifs de résultats : le confort et la limitation des pollutions, exigences qui permettraient d’adapter les solutions énergétiques aux caractéristiques du projet de construction (inciter à la mise en place de poêle à modulation de puissance plutôt sur les projets sans inertie thermique), favoriser les meilleurs équipements sans imposer aux poêles de masse, dont la régulation passive est déjà satisfaisante, d’ajouter de l’électronique avec toutes les contraintes que cela induit.
Bonjour,
je vais acquerir une maison RT2012 avec un chauffage par PAC et une VMC simple flux.
En complément une hotte sera installée en cuisine et un poêle à bois Etanche.
Cet ensemble sera t’il bien compatible?
Merci de votre avis et conseils
Bonjour,
Normalement oui, mais à vrai dire comme cela dépend aussi de la conception et du niveau d’isolation c’est le calcul RT2012 qui pourra l’indiquer 🙂
Cordialement,
Bonjour Mr Loyau.
Je construis actuellement ma maison ossature avec mon propre bois, coupé sur ma propriété, (150 m cube, débité, séché, taillé localement). Je souhaite avoir comme chauffage principal un poêle de masse, alimenté par les chutes de ce même bois, tout en respectant la rt 2012.
Savez vous si il y a des règles spéciales au niveau de la RT dans ce cas précis ?
Je n’ai pas de maître d’ouvrafe, et je suis isolé par l’extérieur en 40 mm laine de bois semi rigide, 145 mm laine de verre entre montant d’ossature et encore 40 mm laine de verre en croisé, et pour la toiture 200mm de roofmat, bref l’isolation et l’etabchei Respectent largement la RT 2012.
Merci de votre réponse .
Cordialement
Bonjour Jehan,
Difficile de répondre. Il est possible que dans votre cas, la saisie d’un poele de masse sur une maison surisolée passe la RT2012.
Après on est dans le cas de figure que je dénonçais ou la méthode de calcul considère que seule un thermostat régule, alors que la masse d’un poêle le fait aussi.
En tout cas tentez le coup, votre projet est cohérent.
Cordialement,
Bonjour,
Tout d’abord merci pour cet article très détaillé ( comme tout le site d’ailleurs.)
Je suis confronté exactement à la problématique que vous décrivez et recherche des solutions. Nous construisons une maison bois ( clt) de 100 M2, dont l’isolation nous permettra dans la réalité de chauffer avec un poêle à bois ( 6 kw recommandé par le BET- besoin annuelle de 4000w). Nous aurons une double flux et le poêle sera positionné de manière à ce que les deux permettent de redistribuer la chaleur dans toute la maison. La RT2012 nous impose un poêle régulé, donc a priori granules. Or nous tenons aux bûches ! ( aspect visuel et pratique). Je suis en train d’étudier les modèles compatibles. ( Hwam entre autres) Autre problème, la loi imposant un chauffage complémentaire au dessus de 100 m2 pour les chambres et sdb ( sachant que nous sommes en SHAb à 101,6 m2 sdb … ) nous avons du prendre en compte des radiateurs électriques qui pénalisent le CEP et dans la réalité ne seront sans doute pas ou peu utilisés. Afin de contrebalancer cette pénalité j’ai soumis au BET l’idée d’un récupérateur de chaleur sur le poele ( type poujalat) qui nous a permis de rentrer dans les clous. Or dans la phase d’exe ou je me trouve je ne peux pas intégrer ce système ( pas de faux plafond) qui de plus ferait double emploi avec une DF bien distribuée…. Ce décalage entre la réalité ( une maison sans doute performante) et ce qu’impose cette loi obsolète est aberrant. Je me penche sur les DF thermodynamiques mais l’impact budgétaire est conséquent, pour encore une fois une nécessité loin d’être démontrée…. Je suis à l’écoute des pistes que vous pourriez me donner.
Par rapport à cette limite des 100 m2 , le BET n’a pas déduit la surface de la SDB est ce que je peux faire jouer ce point pour rester uniquement sur le poêle?
Merci d’avance.
B.Briand
Bonjour,
Nous faisons la plupart de nos projets de maison en poele à bois buches, mais je n’ai pas été confronté à devoir suggerer des options de ce type pour avoir une conformité avec un poele buches dit régulé. Vous pouvez me faire passer votre bilan réglementaire RSET ?
Cordialement,
Bonjour ,
avez vous reçu mon mail avec le bilan rset? Dois je vous l’envoyer à une autre adresse?
Merci d’avance pour votre éclairage.
Je vous ai répondu lundi, avez vous recu l’email ?
Bonjour
Je fais construire ma maison et veux mettre un poêle à bois de 6 kw elle fait 82 m2 et il y a clim + poêle a bois dans la pièce à vivre de 47 m2
Radiateurs ensuite dans les chambres
Pour co server mon RT 2012 dois je acheter un poêle étanche ?
Merci de votre retour
C D
Bonjour,
Dans tous les cas en construction neuve, il faut que le poele soit étanche.
Je vous conseille de voir avec votre bureau d’étude RT2012 pour les préconisations spécifiques à votre projet.
Cordialement,
bonjour,
merci je vous l’adresse par mail à contact@fiabitat.com?
Bonjour,
J’ai la haine. Je construits une maison de 150 m2 bien isolée en ossature bois sous régime RT2012 et le thermicien m’impose une PAC car il ne reconnait pas mon poêle de masse de 6 kw extrêmement performant et qui va largement suffire à mon chauffage, l’état m’impose donc une PAC qui surenchérit ma construction de 5000 €, ne sera jamais utilisée et va consommer de l’énergie grise et des matériaux à gogo.
Je suis en colère, nous sommes gouvernés par des incapables.
Merci pour votre exposé clair des faits.